RELIGIOLOGIQUES, 19 (printemps 1999) Postmodernité et religion


Désordre et désenchantement :
modernité, postmodernité et théories du complot

Robert Verreault[*]

Abstract
Résumé

 

On a assisté ces dernières années aux États-Unis à l'émergence d'un mouvement extrêmement significatif qui est souvent traité sur le mode de la dérision par les médias. Ce mouvement, qui revêt des formes variées, s'articule autour d'une croyance fondamentale qu'on pourrait appeler la «théorie du complot». Selon cette théorie, l'État a, pour employer un anglicisme courant, un «agenda caché» et cherche à instaurer, à imposer en fait, un Nouvel Ordre Mondial -- c'est-à-dire un gouvernement planétaire qui sonnerait le glas des libertés individuelles et de la propriété privée, un gouvernement qui marquerait rien de moins que la fin de la civilisation judéo-chrétienne. Devant de telles convictions, on peut, et c'est ce que font généralement les médias, se contenter de parler de «paranoïa-fin de siècle». On peut aussi se désoler du caractère «irrationnel» de ces croyances. Mais il nous faut, bien sûr, dépasser les étiquettes commodes que nous proposent les porte-voix du prêt-à-penser pour tenter de dégager les fondements symboliques qui sous-tendent ces croyances.

Dès que l'on se penche, même brièvement, sur ces mouvements, on peut sans peine y déceler deux tendances fondamentales. L'une découle, à notre avis, d'une conception résolument moderne de l'ordre du monde, tandis que l'autre apparaît beaucoup plus près de la sensibilité postmoderne.

La première de ces manifestations, c'est le développement des milices armées aux États-Unis. Ces milices sont constituées de groupes de citoyens qui voient dans le gouvernement central l'incarnation même de la tyrannie et qui luttent pour son démembrement. Certains se préparent même au jour où Washington lancera l'offensive armée devant mener à l'instauration du Nouvel Ordre Mondial.

Il est difficile d'évaluer avec précision l'ampleur du mouvement. Certaines évaluations parlent de quelques centaines de milliers de sympathisants, d'autres de plusieurs millions. On sait cependant que les milices armées sont présentes dans chacun des États américains et l'organisme Klanwatch[1] recensait en 1997 quelque 500 groupes armés, dont plus de 200 milices proprement dites, qui consacreraient une somme de 100 millions de dollars par années à l'achat d'armes et d'équipements de survie.

Ces milices produisent une abondante littérature diffusée essentiellement sur Internet et qui véhicule toute une série de récits, tenus bien sûr pour vrais, des récits qui constituent autant de variations sur le même thème et reprennent d'ailleurs souvent les mêmes motifs. Ainsi, on ne compte plus les comptes rendus faisant état de mystérieux hélicoptères noirs qui survoleraient en tout temps le territoire américain. Parfois, ces hélicoptères servent à exercer une surveillance constante des citoyens (ce thème de la surveillance est d'ailleurs fréquent : certains croient que chaque conversation téléphonique est scrupuleusement enregistrée et fichée). Parfois ils sont à la recherche du site idoine pour l'établissement de futurs camps de concentration.

Un autre motif récurrent de ces récits est la présence d'une force plus ou moins occulte qui manipule le gouvernement ou qui, au mieux, s'en fait le complice. Francs-maçons, «Juiverie internationale», Fonds Monétaire International, et même, parfois, représentants extra-terrestres, ces forces occultes sont représentées de façon variée. Très souvent, c'est l'Organisation des Nations-Unies qui est soupçonnée : on y voit alors l'ennemi suprême, l'embryon de ce gouvernement planétaire si redouté.

Mais le phénomène est multiforme et on retrouve également en marge de ces organisations des individus dont le nombre est évidemment impossible à préciser et qui vouent, eux aussi, une haine sans borne à l'appareil étatique. Il y a même un cas particulièrement intéressant où un individu a mené pendant des années sa propre guérilla contre tout ce qui était associé à la modernité, au progrès, au développement technologique. Cet individu, surnommé le Unabomber, a envoyé au cours d'une période de plus de dix ans, des lettres piégées à des chercheurs ou à des laboratoires divers. Le Unabomber a obtenu un jour la publication de son manifeste dans quelques grands quotidiens américains comme le New York Times en échange de l'arrêt de ses attentats. Ce manifeste traduit une haine féroce de la technologie et en appelle au retour à une vie plus simple, plus vraie, plus authentique.

Mais ces individus isolés semblent l'exception et le phénomène paraît se cristalliser autour de regroupements qui se sont développés au cours de la dernière décennie, dont on a cependant pu voir des signes avant-coureurs vers la fin des années soixante-dix et au cours des années quatre-vingt. On a d'abord assisté à l'apparition de groupes «survivalistes» qui se préparaient à l'apocalypse d'une troisième guerre mondiale ou à une catastrophe nucléaire en s'armant et en mettant sur pied des camps d'entraînement. C'est dans la mouvance de ces organisations que les milices se sont développées, une fois la «menace soviétique» disparue. On voit ici comment la représentation de la menace que sentent peser sur eux les adhérents a évolué au cours des années, comment cette représentation semble un phénomène secondaire, l'expression d'un malaise plus profond.

Il est assez facile d'identifier certains des facteurs qui sont à l'origine de ce mouvement. Il existe à cet égard un document très éloquent : une lettre ouverte que l'auteur de l'attentat d'Oklahoma City, Timothy McVeigh, avait adressée à un journal local en 1992, soit trois ans avant qu'il ne commette son attentat. Dans cette lettre, McVeigh écrit : «La criminalité est hors de contrôle. Les impôts atteignent des niveaux cataclysmiques [sic]. Les politiciens sont hors de contrôle. Le rêve américain des classes moyennes s'est évanoui.[2]»

De tels propos se retrouvent, sous une forme ou une autre, dans l'ensemble de la littérature milicienne. La référence à l'évanouissement du rêve américain constitue ici une donnée fondamentale. C'est la perte d'un idéal individuel et collectif qui est ainsi déplorée.

L'opposition à ce phare de la modernité qu'est l'État pourrait indiquer qu'une certaine sensibilité postmoderne est à l'origine de ces mouvements. Quiconque parcourt même rapidement la littérature milicienne rencontrera tôt ou tard la phrase «Less government, more responsability», une phrase qui peut être rapprochée de la notion de co-responsabilité chère à un théoricien de la postmodernité comme Yves Boisvert[3]. De plus, la formation même de ces groupes pourrait relever d'une forme de néo-tribalisme dont l'émergence a été mise en lumière par Michel Maffesoli[4]. Mais les références à l'autorité de la tradition ne plaident guère en faveur d'une lecture postmoderne du phénomène.

Pour justifier leurs actions, les miliciens font souvent référence aux Founding Fathers, aux pères fondateurs de la nation américaine. Lors de la guerre d'indépendance, les leaders révolutionnaires comme Thomas Jefferson, qui fut le principal auteur de la déclaration d'indépendance, avaient favorisé la création de milices armées, affirmant que la possession d'armes à feu relevait du droit individuel le plus fondamental. Les miliciens contemporains citent, évidemment, ces textes pour légitimer leur existence.

Ce recours à l'autorité des pères fondateurs de la nation apparaît extrêmement significatif. Il traduit une volonté manifeste de restaurer l'idéal qui animait ces personnages historiques, une volonté de restaurer, essentiellement, le rêve américain. Restauration qui relève de la notion classique de «prestige magique des origines» sur laquelle insiste, par exemple, Mircea Eliade[5]. On n'aurait donc, généralement, pas affaire tant à une critique des fondements même de la modernité qu'à un désaveu d'institutions qui auraient, aux yeux des miliciens, trahi cet idéal. L'importance accordée à la religion chrétienne par la plupart, sinon la totalité, de ces milices apparaît ainsi comme un autre indice de l'attachement à la tradition. Surtout lorsque l'on a en mémoire le rôle fondamental qu'a joué l'idéal religieux lors de la naissance de la nation américaine[6].

Or, il est intéressant de constater qu'il existe, toujours aux États-Unis, un tout autre mouvement d'une envergure considérable qui exprime fondamentalement la même méfiance envers les institutions, la même désillusion envers le rêve américain mais qui se situe celui-là sur un tout autre plan, beaucoup moins tragique, beaucoup plus ludique. Ce mouvement pivote autour de la croyance, désormais répandue, en l'existence d'extra-terrestres.

Évidemment, la croyance aux soucoupes volantes n'est pas apparue au cours des dernières années. Le classique de H. G. Wells, La guerre des mondes, est là pour nous le rappeler, tout comme de nombreux films de série B des années cinquante. On voit d'ailleurs clairement, avec le recul, tout ce que ces films pouvaient avoir de significatif. On y lit sans peine de nos jours les angoisses suscitées par la guerre froide ou par la découverte alors récente des pouvoirs du nucléaire.

Or, cette croyance aux extra-terrestres a radicalement évolué au cours des dernières années. Toutes sortes de récits se sont mis en place, si bien que l'on peut sans trop de peine parler de mythologie contemporaine. L'un des épisodes les plus populaires de cette mythologie est celui de l'enlèvement par des extra-terrestres. Les sondages indiquent que des centaines de milliers, sinon des millions d'Américains croient avoir eux-mêmes été victimes d'un tel enlèvement[7]. Près du quart des Américains croient que des extra-terrestres ont déjà visité la terre; 13 pour cent croient qu'ils sont entrés en contact avec des représentants du gouvernement américain et, de ce nombre, 80 pour cent croient que la Maison-Blanche et le Pentagone en savent beaucoup plus sur les extra-terrestres qu'ils ne veulent l'avouer[8]. Cette proportion traduit déjà une méfiance envers les autorités qui ne peut que rappeler celle constatée chez les milices.

Au coeur de cette mythologie qui s'est développée ces dernières années, on retrouve d'ailleurs un récit qui traduit bien cette méfiance. Il s'agit des événements de Roswell, une ville de quarante-neuf mille habitants du Nouveau-Mexique où s'est produit un incident particulier le 8 juillet 1947. Ce jour-là, un militaire avait confirmé la récupération d'un objet volant non-identifié par l'armée américaine. Quelques heures plus tard, un démenti officiel était apporté : l'armée avait bien récupéré un objet volant mais il ne s'agissait que d'une sonde météorologique. C'est précisément sur ce démenti que repose tout l'intérêt de Roswell. Ce qui importe, ce n'est pas tant la preuve de l'existence d'extra-terrestres, les récits du genre sont légions, mais bien la preuve que l'on ne peut faire confiance au gouvernement, qu'il nous cache la vérité.

Aujourd'hui, plus de cinquante ans après les faits, Roswell est devenu un véritable phénomène. Bien des gens ont grandi dans cette ville au cours des années cinquante et soixante sans entendre parler de l'incident du huit juillet. En 1997, plus de cent mille personnes se sont rendues sur place pour souligner le cinquantième anniversaire de «l'événement». Quelques anthropologues se sont penchés sur ce phénomène pour conclure que l'on avait affaire à «une certaine forme de religiosité» sans pour autant, bien sûr, pouvoir parler de religion.

Ce qu'il faut souligner ici, c'est que Roswell n'est devenu un événement significatif dans l'imaginaire américain qu'il y a une vingtaine d'années à peine. Les «ufologues» et les «ovnistes» de tout acabit qui s'étaient rendus sur les lieux dès la fin des années quarante ainsi qu'au cours des années cinquante avaient vite classé l'affaire. Ils avaient conclu que l'armée américaine avait bel et bien récupéré un ballon météo et non pas un ovni et les récits de visions de cadavres d'extra-terrestres qui accompagnaient désormais les événements de Roswell n'apparaissaient que comme un ajout tardif au récit. Ce n'est que vers la fin des années soixante-dix que toute cette histoire refait surface et qu'elle frappe soudainement l'imagination populaire. La fin des années soixante-dix, c'est-à-dire au moment même où l'on observait l'apparition des mouvements qui allaient se former en milices. Soit au lendemain de la défaite humiliante des Américains au Viêt-nam, au lendemain du Watergate, au moment où les nouvelles réalités économiques portaient un dur coup au rêve américain.

Les thèmes du désenchantement et de la vérité cachée ont d'ailleurs fait la fortune d'une série télévisée qui a beaucoup contribué à l'explosion de la popularité de Roswell. Cette série télévisée, The X-Files, relate les aventures de deux héros qui appartiennent au FBI. On estime qu'au plus fort de sa popularité, 100 millions de personnes regardaient chaque semaine cette série à travers une soixantaine de pays. Quelque dix mille sites Internet sont consacrés à la série et à ses acteurs. En France, un sondage effectué l'an dernier cherchait à connaître les mots les plus significatifs auprès des jeunes. Le mot X-Files venait au quatrième rang, immédiatement après «chômage», «préservatif» et «Internet»[9]. La diffusion de cette série a d'ailleurs provoqué dans ce pays un débat auquel se sont mêlés des journaux comme Le monde diplomatique ou des personnalités comme Jacques Attali. Il faut dire que le Front National de Jean-Marie Le Pen se faisait le promoteur de la série en reprenant à son compte une phrase qui clôt le générique de chacun des épisodes : the truth is out there traduite en français par : «la vérité est ailleurs». Ce qui a poussé d'ailleurs le magazine L'événement du jeudi à se demander : «Faut-il avoir peur de X-Files. Cette série dessert-elle les desseins des sectes et de l'extrême-droite ?[10]». Le magazine Télérama, de son côté, définit ainsi la série : «Il s'agit d'un monde désenchanté où règnent le désordre, le trouble, le mensonge et la complexité, où les vrais gouvernants de la terre appartiennent à un club secret et collaborent avec des extra-terrestres depuis la seconde guerre mondiale.[11]»

L'un des aspects les plus intéressants de cette série, outre son obsession du complot et de la vérité cachée, c'est la façon dont elle aborde régulièrement les phénomènes les plus inquiétants de l'actualité. Ainsi, peu après l'explosion, toujours inexpliquée, d'un appareil Boeing de la compagnie TWA à l'été 1996, un épisode des X-Files présentait une semblable explosion causée celle-là par une intervention extra-terrestre. La maladie de Creutzfeld-Jacob, le syndrome de la guerre du Golfe, et des notions valorisées par l'esprit du temps comme la réincarnation ou même le vampirisme ont, tour à tour, été évoquées. D'autres événements moins récents mais qui hantent la conscience de l'Amérique sont également exploités : l'assassinat de John F. Kennedy et celui de Martin Luther King, par exemple, ou encore les séquelles de la guerre du Viêt-nam.

Autre aspect intéressant, c'est le fait que la série impose rarement une explication indubitable. Elle met en scène, nous l'avons déjà mentionné, deux héros qui appartiennent au FBI. L'un, l'agent Mulder, croit fermement aux phénomènes paranormaux et à l'existence d'extra-terrestres. L'autre, l'agent Scully, a une solide formation scientifique et valorise une approche strictement rationaliste. Le plus souvent, les deux points de vue se côtoient si bien que le téléspectateur peut, chaque semaine, choisir l'explication qui lui convient. Ce qui apparaît essentiel, ici, ce n'est pas tant l'explication en elle-même mais le fait que les événements angoissants que révèle l'actualité peuvent avoir un sens. Tant pis si la vérité nous échappe, l'essentiel est qu'elle existe. The truth is out there.

On peut ajouter que le succès de la série a entraîné l'apparition sur le marché de toute une panoplie d'objets les plus divers qui permettent au véritable «fan» de jouer à incarner ses héros favoris. On peut, par exemple, se procurer une fausse carte d'identité qui certifie que vous appartenez au FBI, section X-Files. Évidemment, ce n'est pas d'hier qu'un film ou une série télévisée entraîne l'apparition de produits dérivés mais c'est probablement la première fois que de tels produits, habituellement réservés aux enfants, visent un auditoire adulte.

Signalons également que les murs du bureau de l'agent Mulder sont ornés, entre autres choses, de la photographie d'une soucoupe volante accompagnée de ces quelques mots : I want to believe. (Photographie qui est d'ailleurs maintenant en vente dans tous les bons magasins.) On peut avancer que le succès de la série tient précisément à ce besoin de croire en quelque chose (ou en n'importe quoi). On a affaire, sur un mode ludique, à une vaste entreprise de redéfinition symbolique motivée par le sentiment de désarroi que bien des gens éprouvent face au monde contemporain, une redéfinition symbolique qui hésite, oscille entre l'émergence d'un nouvel idéal et la restauration de l'idéal ancien.

De ce point de vue, la démarche des miliciens n'est pas si éloignée qu'on pourrait le croire de celle des adeptes du paranormal. Dans les deux cas c'est l'Imago Mundi, la représentation du monde qui est en cause. L'angoisse qu'éprouvent les miliciens face à l'émergence du «Nouvel Ordre Mondial» l'exprime explicitement. Cette angoisse suscitée par l'émergence d'un nouveau cadre imaginaire référentiel est d'autant plus grande que la confiance dans les institutions chargées précisément d'assurer le maintien de l'ordre du monde (on pense ici notamment mais pas exclusivement aux institutions politiques) est fortement ébranlée.



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[* ]Robert Verreault a terminé une maîtrise en sciences des religions à l'Université du Québec à Montréal.

[1] Klanwatch est un organisme créé par le Southern Poverty Law Center pour surveiller l'activité des groupes d'extrême-droite. Le rapport en question a été publié le 11 avril 1997. Il est disponible sur le site Internet de l'organisme. Son contenu a également été repris par diverses agences de presse internationales dont l'agence Reuter.

[2] Cité dans le journal Le Monde, mardi 1er avril 1997.

[3] Voir, notamment, L'analyse post-moderniste : une nouvelle grille d'analyse socio-politique, Montréal, L'Harmattan, 1997.

[4] Voir, notamment, Le temps des tribus, Paris, Le Livre de Poche, 1991.

[5] On lira, entre autres, Aspects du mythe, Paris, Gallimard, 1963.

[6] Il faut bien préciser que cet attachement à la tradition chrétienne n'a rien d'orthodoxe. Klanwatch souligne que pour beaucoup de miliciens, la race blanche constitue la race élue de Dieu, les noirs ne sont pas des êtres humains à part entière et les Juifs sont les fils de Satan...

[7] C'est le cas de Timothy McVeigh. Le sociologue Pierre Lagrange rappelle dans son ouvrage La rumeur de Roswell que Mcveigh «raconte avoir observé des ovnis et croit porter un implant sous la peau». Cité dans L'événement du jeudi, no 669, p. 13.

[8] Les résultats de ce sondage ont été publiés dans le magazine Time, vol. 149, no 25, 23 juin 1997, p. 38.

[9] Sondage IQOP-France 2-France 3 réalisé auprès des jeunes de 14 à 25 ans les 5 et 6 mars 1997. Cité dans Le Monde diplomatique, août 1997, page 18.

[10] L'événement du jeudi, no 669, du 28 août au 3 septembre 1997, p. 10.

[11] Télérama, 14 décembre 1996.