Denis Jeffrey

Le rave : mise en scène d’une jouissance transgressive

 

Le rituel du rave met en scène des pratiques de transe et d’extase (danse, rythmes, drogues) qui s’apparentent notamment aux happenings psychédéliques des années soixante, aux partys disco et aux concerts punks des années soixante-dix. D’emblée, on voit qu’il y a une continuité dans la demande de climats favorisant les conduites paroxystiques qui conduisent bon nombre de jeunes dans des états de « sensibilité altérée ». Comment expliquer ce « désir » d’extase et de transe ? Cette quête a-t-elle à voir avec l’acte transgressif ? Pour Bataille, la transgression n’est nulle part aussi immédiatement présente que dans les expériences de types érotique, mystique et esthétique. La psychanalyse, sans sous-estimer pour sa part la notion de transgression, va cependant attirer l’attention sur celle de régression. Y aurait-il parenté d’expériences entre la transgression et la régression ? En examinant la spécificité de chacune de ces notions et du champ d’expérience qu’elles balisent, cet article s’emploie à établir un cadrage conceptuel pour analyser ce culte de l’extase et de la transe qu’est le party rave.