Bernard Schütze

Mutations carnavalesques dans le rave et le carnaval de Bahia

 

Cet article présente l’examen conjoint du phénomène rave et du carnaval de Bahia en tant que manifestations divergentes d’un même schème carnavalesque. En faisant appel au « mode impersonnel » de Gilles Deleuze ainsi qu’à son concept des « singularités », la démonstration mettra en lumière la suspension des modes habituels de subjectivité (laissant place à de nouveaux rapports subjectifs à la fois singuliers et multiples) qui leur est commune. Les deux phénomènes se distinguent toutefois en ceci : le carnaval de Bahia, tout d’abord, opère selon une logique anthropophage ancrée dans la modernité, exerçant ainsi une fonction d’incorporation des différences et de production d’hybridité. Les raves, pour leur part, déploient plutôt une stratégie technophage postmoderne qui intervertit les instruments et l’instrumentalité d’une société de contrôle. En conclusion, l’analyse portera sur l’articulation de ces deux phénomènes en ce qui a trait à leur manière d’articuler ¾ ou de faillir à articuler ¾ des stratégies de résistance débordant de la sphère festive.