Douglas John Hall, 1998, Être image de Dieu. Le stewardship de l'humain dans la création, coll. " Cogitatio fidei ", Paris, Cerf, 336 p.

 

 

Ce livre est originellement paru en 1986 sous le titre Imaging God : Dominion as Stewardship. Professeur de théologie systématique à l'Université McGill de 1975 à 1995, Douglas John Hall veut brosser dans cette étude une toile de fond pour penser le stewardship de l'humain dans la création. Une longue introduction présente d'abord notre monde qui va de travers, non à cause de l'intervention divine, mais à cause de la stupidité humaine (p. 13-44). Le lecteur y découvrira quelques statistiques hallucinantes. Par exemple, Hall nous apprend qu'à chaque 24 heures, les citoyens des États-Unis d'Amérique consomment 250 têtes de bétail sous forme de hamburgers McDonald (p. 13). Aussi, comme 41% des Américains vont à l'église régulièrement, comme 81% d'entre eux disent qu'ils aimeraient bien voir un renouveau religieux dans leur pays (p. 33) et comme 98% des foyers américains ont une Bible (p. 35), etc., le lecteur ne sera pas étonné de constater que le premier chapitre de Hall (p. 45-107) est consacré à l'évaluation du caractère et de l'étendue de la culpabilité du christianisme historique dans la relation actuellement désastreuse qui existe entre l'humanité et la nature extra-humaine.

Dans les chapitres qui suivent, Hall propose une autre conceptualisation chrétienne de cette relation. Pour ce faire, il prend comme outil théologique principal le symbole biblique de l'imago Dei. Après avoir brièvement esquissé dans le second chapitre l'arrière-plan biblique de l'imago Dei (p. 109-146), l'auteur passe à l'examen de son utilisation dans l'histoire de la pensée chrétienne (p. 147-184). Le chapitre 4 est consacré à l'analyse de l'ontologie biblique, ontologie de communion où l'être humain est essentiellement décrit comme un être-avec, un être en mouvement vers l'Autre (l'Emmanuel), les autres (le prochain) et la création. Dans les deux chapitres qui suivent, l'auteur approfondit cette triple orientation de l'être humain. Le chapitre 5 (p. 227-256) explore d'abord la relation de l'être humain avec Dieu et avec le prochain, tandis que le chapitre 6 (p. 257-321) est exclusivement réservé à l'étude de l'être-avec-la-nature. Il ressort de cette analyse une foi qui est à la fois théocentrique, anthropocentrique et géocentrique. Ces trois orientations ne sont toutefois pas considérées comme des alternatives pour la communauté croyante ; au contraire, elles sont envisagées comme des sphères interdépendantes sur lesquelles se centre la foi. En effet, une foi qui se centre sur Dieu ne saurait s'écarter de la réalité sur laquelle Dieu lui-même se centre.

Une conclusion, sous forme de synthèse finale, aurait été bienvenue. Un index des sujets (p. 323-328), des noms propres (p. 329-332) et des références bibliques (p. 333-334) terminent cet excellent ouvrage. On ne peut donc que remercier les traducteurs (Louis Vaillancourt avec la collaboration de Jean Desclos et Roland Gadbois) d'avoir rendu accessible au large public francophone un livre d'une aussi brûlante actualité.

Jean-Jacques Lavoie

Université du Québec à Montréal

 


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