John A. Saliba. 1995. Perspectives on New Religious Movements. London: Geoffrey Chapman.


Suite à la publication de deux bibliographies annotées sur les nouveaux mouvements religieux (Psychiatry and the Cults, Garland, 1987, et Social Science and the Cults, Garland, 1990) ainsi que d'un petit ouvrage qui aborde le phénomène sous un angle théologique (Au Carrefour des Verités, Editions Fides (Coll. Rencontres d'aujourd'hui, 22), 1994), la nouvelle monographie de John A. Saliba s'inscrit manifestement dans une suite conséquente.

En effet, le professeur ès sciences de la religion à l'Université de Detroit Mercy nous propose cette fois une introduction à la réalité du nouveau pluralisme religieux, notamment par l'entremise d'un survol des différentes approches dont elle fait l'objet en sciences de l'Homme, du droit et du divin. Comment les disciplines de la psychologie, de la sociologie, du droit et de la théologie se comportent-elles - de façon générale - face aux «sectes»? Saliba, bien que soucieux des nuances, ne peut faire autrement qu'en appeler de la généralité du nombre et des tendances. Aussi associe-t-il, dans une certaine mesure, l'approche psychologique aux inspirations anti-sectaires, alors que la sociologie se caractérise davantage par une absence d'engagement, de militantisme qui lui vaut par ailleurs une dure réprimande de ses pairs. L'approche théologique est, quant à elle, sévèrement critiquée par l'auteur (jésuite pendant trente ans) qui écrit que les épithètes orthodoxe / non-orthodoxe ne se sont autrefois inspirées que d'un point de vue «religiocentrique» et qu'ils n'expliquaient donc en rien le développement et le succès de ces nouvelles organisations; une prise en compte de l'approche dialogale, visible depuis les années soixante, vient toutefois adoucir en fin de chapitre le discours de Saliba à l'égard des théologiens, et fait bien sentir la vague de relativisme et de tolérance qui anime l'Église - tout comme les autres institutions sociales - depuis plus de trente ans.

Notons bien que le but essentiel de l'auteur n'est pas de critiquer les différentes approches des disciplines académiques, mais plutôt d'en faire une courte vulgarisation descriptive, tout en les situant dans cette polémique de fin de siècle. On ne fournit évidemment aucune réponse-miracle, ni de méthode ultime, bien que la sociologie soit particulièrement louangée pour son objectivité et la distance qu'elle conserve dans l'étude du problème.

Saliba débute l'ouvrage par un court résumé du développement des nouveaux mouvements religieux en Occident, et le conclut au terme d'un chapitre sur les diverses implications des thérapies et counseling. Bref, il s'agit de ce type de livres fort utiles qui «font le point», récapitulent. C'est une introduction à travers laquelle tout lecteur désireux d'en savoir davantage sur le phénomène des «sectes» pourra se positionner, développer ses propres opinions en parallèle ou en continuité avec toutes celles recensées par l'auteur. L'emploi d'un ton très objectif, et la justesse d'une vulgarisation de qualité font de cette monographie un ouvrage fort recommandable pour quiconque recherche une vue d'ensemble du problème, sans tomber dans les réflexions parfois trop spécialisées des articles dits «savants».


Benjamin H. Leblanc
Université de Montréal

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