Cahiers de recherche sociologique, no 33, 2000, « Religions
et sociétés. Après le désenchantement du
monde »,
Montréal, Université du Québec à Montréal,
229 p.
Avec
un tel titre, ce numéro des Cahiers de recherche sociologique s’annonçait très
prometteur. Malheureusement, les sujets abordés par les collaborateurs
s’inscrivent parfois difficilement dans le thème proposé.
De plus, nous y déplorons l’absence de représentants du
département des sciences des religions de l’Université du
Québec à Montréal, collaboration qui aurait pu être
enrichissante pour une telle publication. Dans ce collectif, nous ne retenons
que deux articles : Pour une typologie du nouvel âge par Martin Geoffroy et Sécularité
religieuses. Syndromes de la vie ordinaire par Raymond Lemieux.
Martin
Geoffroy, dans son article Pour une typologie du nouvel âge, est fidèle à son
affiliation sociologique et aborde le nouvel âge comme une nouvelle forme
sociale de la religion. M. Geoffroy trace, dans un premier temps, un large
portrait des différentes hypothèses à propos du nouvel
âge dans les milieux savants. Dans un second temps, l’auteur
élabore une typologie du nouvel âge.
Cette
typologie du nouvel âge s’appuie sur la définition de la
religion de l’auteur : « une structure sociale ayant pour
objectifs l’élaboration et le maintien de systèmes de sens
ultimes de l’existence » (p. 56-57). Il ajoute
qu’une religion doit avoir la capacité de s’adapter à
tous les changements sociaux. C’est à cela que l’auteur
justifie le caractère religieux du nouvel âge : « Le NA est religieux parce
qu’il vise la transformation de ces systèmes (systèmes
de sens ultimes de l’existence)
par le biais d’une démarche spirituelle, sociale et
culturelle. » (p. 57)
M. Geoffroy prétend que le nouvel
âge serait la plus récente mutation des systèmes de sens
ultimes qui remet en
cause les bases de l’organisation religieuse. De plus, l’auteur
voit le nouvel âge comme étant un réseau informel
d’adeptes de la spiritualité.
La
typologie de l’auteur se divise en quatre grandes dimensions du nouvel
âge, soit les dimensions sociale, culturelle,
ésotérique-occulte et biopsychologique (thérapeutique), lesquelles
comprennent les diverses valeurs, idéologies et activités promues
dans le cadre du nouvel âge : holisme, arts, occultisme, mouvement
de potentiel humain, etc.
Mentionnons
également l’article de Raymond Lemieux : Sécularités
religieuses. Syndromes de la vie ordinaire. L’auteur remet en cause le concept de religions
séculières
et lui préfère le concept de sécularités
religieuses. Il aborde le
déplacement et, surtout, la recomposition actuelle de la religion dans
notre monde contemporain. Cette recomposition laisse place à une
nouvelle gestion du salut et à une sécularisation des croyances
dans une société qui encourage la multiplicité des croyances
en instituant un véritable marché de celles-ci. Pour R. Lemieux,
le réenchantement
du monde consiste à « consacrer une combinaison de marketing,
de science-fiction, d’avancées technologiques réelles ou
présumées, de mythologie populaire et de mysticisme »
(p. 39).
L’auteur nous propose également, dans son dernier chapitre, une
lecture des rituels contemporains qui est très intéressante.
Catherine Laflamme
Université du Québec
à Montréal