Gaëlle
Bombereau
Appréhender les soirées
techno comme un rite de passage vers le statut d’adulte est légitime. Que
l’on se rapporte aux travaux de Van Gennep ou d’autres
anthropologues, force est de constater que toute une initiation se joue dans ces
soirées. Le terme « jouer » semble ici
d’autant plus adéquat que les ravers vont faire
l’apprentissage d’un « je » de manière
ludique, dans une réalité en parallèle du monde social.
Suite à l’analyse du quotidien des ravers, nous pouvons avancer
que l’espace-temps du rave se présente comme le miroir
inversé du quotidien. Derrière la transfiguration du banal,
l’idéalisation et l’esthétisation de la sphère
festive, les participants font l’expérience de la vie
sociétale, en termes d’essai. Le retrait du monde techno, aussi
douloureux soit-il après plusieurs années de sa
fréquentation, est rendu possible par une transformation du regard.
D’une représentation idéalisée et idéalisante
de la fête à l’intériorisation d’une vision
négative, l’arrêt de la fréquentation de ces
soirées se fait par l’acceptation du regard instituant.