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Présentation |
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Depuis douze ans, Religiologiques poursuit sa mission doffrir aux chercheurs qui investiguent les différents aspects de l" objet " religieux un lieu de publication de leurs travaux. Depuis deux douzaines de numéros, la revue sest ainsi taillé une place enviable dans le domaine de la diffusion de la recherche principalement francophone en sciences de la religion, au sens le plus vaste que cette expression peut couvrir. Cette mission, au fil des ans, Religiologiques la par ailleurs assumée en étant fidèle à lune de ses intuitions fondatrices : offrir à ses lecteurs des ensembles thématiques riches et diversifiés plutôt que des tomes darticles épars. Ses vingt-quatre numéros parus, avec un bonheur assurément divers, ont ainsi non seulement mis à la disposition des lecteurs le résultat des travaux de plusieurs dizaines de chercheurs ; ils lont également fait en établissant des liens entre ces travaux, en problématisant ceux-ci autour de grandes thématiques, ménageant ainsi à ces contributions une architecture de dialogue susceptible den complexifier la portée et den enrichir lambition. |
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Si lon tente, à quelque distance, dopérer un certain classement parmi les thèmes de cette collection qui, née à la fin des années quatre-vingt, sétend maintenant sur trois décennies, on saperçoit que la revue sest entre autres choses employée à sonder les assises théoriques des sciences de la religion ainsi quun certain nombre de questions fondamentales liées à la pratique de cette discipline. Et ce, principalement à travers trois numéros : 2 (" Limite et transparence : lépistémè du religieux "), 9 (" Construire lobjet religieux ") et 13 (" Questions déthique en sciences des religions "), auxquels on peut associer les trois dans lesquels elle a tenté dexplorer la fécondité dauteurs contemporains eu égard à lexploration du fait religieux : dès sa première parution, autour de Gilbert Durand et de sa contribution séminale à létude de limaginaire ; puis autour de la pensée de Michel Maffesoli (3) dont la " reliance " sociologique sinscrit dans la tradition dune véritable " religiologie " durkheimienne ; dans la mouvance de Luce Irigaray, enfin (21), et de limpact quont eu les travaux de celle-ci sur plusieurs penseures contemporaines qui cherchent à interroger la place du " féminin " dans la culture aussi bien que dans la religion. |
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Religiologiques a relativement peu souvent ouvert ses pages à létude de traditions religieuses particulières, bien quelle lait fait, de quelque manière, au sein de numéros qui ont connu une diffusion non négligeable : le no 6 (" Traditions amérindiennes ") présentait ainsi un vaste panorama de travaux actuels sur les traditions spirituelles et religieuses des autochtones de lAmérique du Nord ; plus transversal, le no 8 (" Le métissage des dieux ") explorait la présence active et dynamique du syncrétisme dans de nombreuses traditions religieuses du monde. Cest par ailleurs une grande partie de la tradition chrétienne que le numéro 20 sest trouvé à parcourir en explorant les divers visages dun millénarisme qui la traversée depuis ses origines et qui continue de le tarauder à laube du IIIe millénaire. Signalons enfin, dans cette veine, le numéro 23 (" Pérégrinations au Tibet "), qui a permis à une quinzaine de chercheurs de différentes disciplines de confronter leurs points de vue respectifs sur les traditions millénaires du Tibet à la suite dun voyage détudes au mont Khailash, lieu singulièrement sacré de lOrient. |
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Dans un tout autre ordre didées, Religiologiques a souhaité offrir lhospitalité de ses pages et, par la même occasion, proposer à ses lecteurs francophones un bon nombre de travaux poursuivis par des chercheurs anglo-saxons, originaires de lAmérique du Nord (11, " Regards nord-américains sur la religion ") et du Royaume-Uni (14, " Religion implicite "). Dans ce dernier cas, la revue rendait ainsi accessible pour la première fois en français une somme significative de travaux réalisés dans les perspectives dun courant de recherche jusque là peu connu des milieux francophones, le Network for the Study of Implicit Religion. Si la revue a souhaité demblée se positionner comme revue de recherche essentiellement francophone, ce ne fut évidemment jamais, on le voit, avec le projet de se cantonner dans cette région de la recherche internationale, mais au contraire avec le désir de multiplier les ouvertures sur des recherches inspirantes réalisées un peu partout dans le monde. |
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Trois numéros manifestent avec éloquence lintérêt que Religiologiques a nourri pour le thème des rapports entre la littérature et le sacré : les numéros 5 et 7 ont paru directement sous ce titre (I et II), multipliant les coups de sonde à travers un grand nombre de corpus littéraires, tandis que le numéro 15 sest pour sa part employé à retracer létonnante vigueur du vieux mythe dOrphée sans oublier sa compagne Eurydice ! chez plusieurs auteurs, et notamment plusieurs écrivaines de notre époque. |
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Trois autres numéros ont voulu contribuer à illustrer la recherche actuelle sur des thèmes omniprésents et incontournables de lexistence humaine : la mort (4), le corps (12) et la nourriture (17). Sil est par ailleurs un vaste domaine dinvestigation auquel Religiologiques a constamment voulu offrir une place importante, cest celui des transformations contemporaines de lexpérience religieuse telle quelle se vit sous nos yeux pour peu que lon ait la perspicacité et le désir dy être attentif. Cest ainsi que le numéro 10 abordait la question de l" actualité du mythe " dans une culture où lon a pu croire un temps que le rationalisme triomphant de la Modernité len avait a tout jamais chassé. Les numéros 16 et 18 se sont pour leur part intéressés à lexploration des " ritualités sauvages " qui surgissent un peu partout à notre époque, ainsi quaux " marginalités religieuses " qui éclosent et se développent également dans plusieurs coins du monde, " en marge " des institutions religieuses traditionnelles. Cest de manière plus précise à certaines de ces " marges " assurément fort éloignées les unes des autres que se sont arrêtés les numéros 19 et 22, le premier en explorant la fécondité de la notion de " postmodernité " pour la compréhension actuelle de la religion, le second en scrutant les " stratégies sociales " actuelles de plusieurs " nouveaux groupes " religieux. Centré sur lobservation de lune des plus fascinantes manifestations de cette hypothétique postmodernité quavait tenté de baliser le numéro 19, le numéro 24 (" Technoritualités religiosité rave ") tentait pour sa part de mettre en lumière les dimensions proprement rituelles et religieuses du phénomène des raves et de la culture techno, en particulier dans lunivers des jeunes. |
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Si le rappel qui précède met bien en lumière la richesse et la diversité des thématiques abordées par Religiologiques depuis la fin des années quatre-vingt, il permet aussi dentrevoir pour ainsi dire en creux bien des domaines auxquels la revue na pas encore eu loccasion douvrir un peu systématiquement ses pages, bien quelle puisse les y avoir parfois accueillis ponctuellement au gré de telle ou telle contribution. Heureusement, un certain nombre de ces " absents " font déjà lobjet de chantiers en vue de numéros qui paraîtront au cours des prochaines années, inch Allah ou ceteris paribus, selon la précaution oratoire que lon préférera |
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Il paraîtra par exemple opportun de poser la question de la pertinence sociale et culturelle des sciences de la religion, en particulier dans un monde brutalement secoué de nouvelles interrogations à propos du fait religieux, depuis un certain 11 septembre. Sera également abordée la question des frontières parfois bien minces entre le savoir et le croire, qui sentrelacent bien souvent dans les représentations de la culture actuelle. Sur un plan plus méthodologique, il paraîtra utile de sarrêter aux problèmes particulier suscités par la recherche " de terrain ", notamment celle qui met les chercheurs en contact étroit, voire interactif, avec lobjet de leur investigation quil sagisse aussi bien dune soirée techno que dun cérémonial jaïn. Dans une veine différente, Religiologiques entend par ailleurs aborder directement, à la fois au plan théorique et à travers des études plus empiriques, la question des rapports entre la politique et le sacré, tout comme elle souhaite, à terme, poser si lon ose dire à bras le corps celle des dimensions religieuses qui traversent lexpérience contemporaine de la sexualité et de lérotisme dans nos cultures. La revue souhaite également sintéresser aux travaux de recherche qui, largement inspirés de la philosophie, de la sémiologie et des sciences du langage, soumettent aujourdhui le langage religieux à léclairage dune analyse rigoureuse et décapante. Sans vouloir par ailleurs empiéter sur le domaine des revues spécialisées en exégèse biblique, Religiologiques entend cependant consacrer un de ses numéros à faire le bilan de limposante recherche qui se poursuit aux quatre coins du monde, à lheure actuelle, autour de ce quil est convenu dappeler " le Jésus de lhistoire ". |
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Il faut en outre espérer que la revue puisse nourrir la réflexion sur un certain nombre dautres transformations significatives du paysage religieux plus proprement québécois. On songe ainsi par exemple à la mosaïque ethno-culturelle qui complexifie depuis quelques années le paysage de nos vies ; on songe également aux transformations qui affectent le catholicisme historique de chez nous ; et on pense encore aux défis posés par la " transmission " et par la " clarification " des croyances dans une société en train dachever concrètement la laïcisation de ses structures scolaires et de ses programmes denseignement. Au moment où la France républicaine et jacobine un siècle après les lois anticléricales du " petit père " Combes ! redécouvre la nécessité daborder le phénomène religieux dans le cursus scolaire, il se pourrait bien quune réflexion de fond sur cette question, à laquelle Religiologiques souhaitera sûrement contribuer, soit de plus en plus nécessaire chez nous. |
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Dautres thèmes se fraieront vraisemblablement une voie vers les pages de la revue au gré de colloques que des chercheurs, notamment sous légide de la Société québécoise pour létude de la religion, auront linspiration dorganiser au cours des années qui viennent. On le voit : le " menu " des dix ou douze prochaines années ne sannonce pas particulièrement famélique, pas plus quil ne donne à craindre linsipide ou le réchauffé ! |
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Revue essentiellement thématique, donc, comme on vient de le rappeler amplement, Religiologiques nen a pas moins accueilli au fil des ans plus dune vingtaine de contributions hors thèmes cest-à-dire librement soumises par des chercheurs désireux de confier les résultats de leurs recherches à une publication susceptible doffrir à ceux-ci une diffusion adéquate dans les milieux appropriés. Inutile de dire que la revue, bien que telle nait pas été sa mission première, sest toujours félicitée de cette présence " hors-thématique ", y voyant une marque de confiance et un signe de reconnaissance à son endroit, mais aussi une manière délargir encore davantage les horizons proposés à ses lecteurs. |
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Dautres constatations simposent, non sans plaisir, dailleurs : plusieurs des chercheurs qui ont ainsi pris linitiative de confier leurs textes à Religiologiques étaient de " jeunes " chercheurs qui, au seuil de leur carrière universitaire, offraient ainsi à la revue les prémices inédites et souvent extrêmement prometteuses de leurs travaux de recherche. Plusieurs de ces contributions, par ailleurs, se passionnant pour létude dun aspect ou dun autre du phénomène religieux, ne provenaient toutefois pas de la discipline des sciences de la religion proprement dites, mais de bien dautres secteurs des sciences humaines qui prennent eux aussi de quelque manière le religieux pour objet : philosophie, sociologie, anthropologie, études littéraires, psychologie, etc. Le fait, pour ces auteurs, de venir frapper à la porte de Religiologiques témoigne vraisemblablement aussi bien de la fluidité actuelle des frontières entre les savoirs universitaires que de louverture desprit pour ne pas dire de lcuménisme disciplinaire qua toujours promue Religiologiques. |
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Or voici que, pour toutes sortes de raisons ou pour aucune en particulier ! , se sont singulièrement multipliées, ces derniers mois, les propositions darticles libres, provenant aussi bien de chercheurs étrangers que duniversitaires dici. Devant labondance et la qualité de ces propositions, Religiologiques a eu lidée une fois nest pas coutume, mais peut être heureuse exception ! de consacrer un numéro entier à plusieurs de ces contributions, non reliées entre elles par la problématique dune thématique particulière, reflétant simplement une partie de la chatoyante diversité des chantiers de recherche aujourdhui présents dans ce champ détudes. Chacune à leur manière, les contributions de ce numéro explorent des domaines très différents, en ayant recours à diverses catégories analytiques des sciences de la religion ou en mettant en lumière la présence, dans les objets étudiés, dune dimension qui ressortit indéniablement aux préoccupations de celles-ci. |
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Dans un article qui fait état de longues observations de terrain, Stéphanie Eveno étudie ainsi les ritualités funéraires des Innuat (Montagnais) de la Côte-Nord du Québec. À travers ces rites, cest toute la conception de lau-delà présente dans cette culture quelle met en lumière, montrant par ailleurs que celle-ci manifeste une remarquable continuité au cours des trois siècles qui sétendent de larrivée des premiers missionnaires à la sédentarisation de ce peuple autochtone. |
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Cest à linterface de la religion et de la philosophie que se situe pour sa part Charles J. Sabatino lorsquil relève dans la pensée du " dernier " Heidegger un certain nombre daffinités avec la pensée bouddhique, plus précisément autour des notions de disparition du soi, de vacuité et de production conditionnée (contingent coarising). |
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Les sept contributions qui suivent dautres revues sen seraient sans doute contentées pour en faire le thème dun numéro entier ! abordent de nouveau les rapports entre la littérature et le sacré. Le premier, sous la plume de Cécile Duteille, interroge, aux sources de la tragédie occidentale, le lien entre rencontre et destinée dans le mythe ddipe, plus particulièrement à partir de ldipe Roi de Sophocle. Les autres contributions sattaquent pour leur part à des corpus plus récents. Michel Despland scrute ainsi luvre du romancier américain Nathaniel Hawthorne, contemporain de Longfellow, de Poe et de Melville. Selon Despland, et notamment dans sa Lettre écarlate, Hawthorne construirait un rapport original à la religion de son temps. Plus encore : par le biais de lentreprise littéraire, cest une sorte de religion " post-traditionnelle " quil ferait émerger, celle-ci étant prégnante dune forte saveur morale. Prolongeant le numéro (15) qui était entièrement consacré aux avatars du mythe orphique dans la littérature contemporaine, Micheline Barta cherche à comprendre la longévité de ce mythe dans limaginaire dun Occident par ailleurs traversé par un fort mouvement de démythisation. Pour Sabine Hillen, luvre du poète belge Henri Michaux regorge déléments mystiques empruntés aux traditions les plus diverses christianisme, bouddhisme, animisme. Le regard du poète nest cependant pas, au regard de lanalyse, celui dun " croyant " au sens traditionnel du terme : les dieux de Michaux, soutient lauteure, sont dabord et avant tout créés à limage de lhomme. |
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Plus près de nous, luvre de la jeune et déjà célèbre romancière Amélie Nothomb, selon la lecture quen fait Laureline Amanieux, est tout entière traversée par une forte pulsion dionysiaque, que lon repère tout à la fois dans les divers visages de la transgression qui ponctuent cette uvre, dans une expérience décriture elle-même vécue comme " enthousiasme " ou " possession " , aussi bien que dans un parti pris stylistique qui cultive délibérément lexcès, cette " signature " même du troublant Dionysos. Si, par contraste, lunivers du roman Maria Chapdelaine apparaît crispé dans un ordre inflexible et immuable, soumis à la domination dun clergé tout puissant, Jean-Pierre Thomas y observe également un certain nombre déléments marqués au coin dune transgression perturbatrice de lordre. Sinspirant des thèses de René Girard, Thomas suggère que seul le sacrifice parviendra en quelque sorte à résoudre cette transgression présente dans la trame du roman de Louis Hémon. Jacques Cardinal questionne pour sa part une lecture qui, fréquemment, tend à opposer la Bible vue comme paradigme du Livre et de la totalité à une pratique contemporaine de lécriture qui assumerait davantage laspect fragmenté de notre expérience du monde. Sur les traces de Blanchot, il sintéresse à luvre de Victor-Lévy Beaulieu qui se présente selon lui moins comme une quête " de totalité " et davantage, selon ses termes, comme une " quête de reconnaissance ". |
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Pour clore cette section plus littéraire, larticle de Michel Lacroix aborde audacieusement le lien entre lesthétique et le sacré dans le fascisme de lentre deux guerres. En sinspirant plus particulièrement de luvre décrivains français de sensibilité fasciste (Châteaubriant et Brasillach, notamment), Lacroix sen prend à la thèse qui y subordonne en quelque sorte le fait esthétique au fait religieux, affirmant pour sa part que lun et lautre assument au contraire des fonctions bien distinctes au sein de limaginaire littéraire du fascisme. |
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Deux autres articles abordent quant à eux lunivers de la science et de la technique dans leur rapport au religieux. Céline Lafontaine scrute linfluence de Pierre Teilhard de Chardin quon ne lisait plus guère depuis quelques décennies sur les penseurs on ne peut plus actuels du " cyberespace ". Soulignant les racines proprement religieuses de certains discours actuels au sujet de lInternet, elle suggère dy voir le germe de nouvelles formes de spiritualité caractérisées par une pensée à la fois évolutionniste et favorable à la technologie. La théorie astrophysique du Big Bang est très certainement par ailleurs lune des propositions de la science contemporaine les plus connues dun vaste public, notamment grâce à la vulgarisation qui en a été faite par les média. Pour Gabriel Lefebvre, la large diffusion dune telle théorie au-delà du cercle restreint des savants spécialistes donne lieu à un récit porteur de sens dans lequel on peut repérer toutes les caractéristiques de ce que les sciences de la religion désignent comme étant un mythe, au sens fort du terme. |
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Cest bel et bien également un mythe on ne peut plus actuel qui, selon Guy Lesurs, a pris naissance à la fin du mois daoût 1997, près du tunnel de lAlma, à Paris, lorsque Lady Di, princesse de Galles, y a perdu la vie dans le tragique accident que lon sait. Enquêtant pendant plusieurs mois dans les parages du Mémorial de la Liberté qui jouxte ce tunnel, lauteur constate que celui-ci a été en quelque sorte détourné de son sens originel (visant à célébrer lamitié franco-américaine) pour devenir le centre dun pèlerinage, voire dun véritable culte à cette charismatique et peut-être emblématique " princesse de notre temps ". |
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Sil fallait à tout prix faire lexercice de chercher, fût-ce a posteriori, un fil conducteur ou la logique dune cohérence dans lensemble des textes qui forment ce numéro, peut-être pourrait-on se contenter davancer la simplicité dune tenace conviction : que peu dexpériences et de productions humaines, tout compte fait, font léconomie dune dimension proprement religieuse, peu importe que celle-ci senracine dans le passé immémorial dune tradition ou quelle fasse surgir aujourdhui linédit de nouveaux visages ; de ce fait, que lappareillage conceptuel mis au point par les sciences de la religion depuis un siècle et demi se présente aujourdhui, dans le vaste coffre doutils des sciences humaines, comme une source difficilement substituable de compréhension de lêtre humain individuel et collectif. Et, finalement, que cette " conviction ", dont Religiologiques se fait lécho depuis une douzaine dannées, un nombre croissant de chercheurs dici et dailleurs semblent la partager avec un enthousiasme qui ne se dément pas. |
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Le directeur de Religiologiques, |
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Guy Ménard |
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* Guy Ménard est professeur au département des sciences religieuses de lUniversité du Québec à Montréal et directeur de Religiologiques. |