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Éric Edelmann, 2000, Jésus parlait araméen, Gordes (France), Relié, 461 p. |
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Louvrage est présenté comme une " enquête serrée sur les Évangiles ". Il nen est rien. Jésus parlait probablement araméen, mais il est faux de croire que la Peshitta puisse être dune aide précieuse dans la recherche des enseignements authentiques de Jésus et afin de contrecarrer les glissements de sens quauraient subi les évangiles canoniques. Cest pourtant la position de lauteur, quil justifie par une argumentation qui tient sur quatre pages (p. 22-25) et qui se résume à supposer lexistence dun texte araméen oral (sic) ou écrit antérieur aux évangiles canoniques que la Peshitta refléterait (p. 22-23). Rappelons que la Peshitta, rédigée au Ve siècle, est une révision de la Vieille Syriaque à partir du texte grec des évangiles. Pourquoi les exégètes du NT ne prennent-ils pas en considération cet écrit ? Cest que selon la., ces spécialistes, " du fait de leur formation, ne travaillent que sur le grec " (p. 23). |
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Mais le recours à la Peshitta nest quun prétexte permettant à la. de proposer une interprétation personnalisée des évangiles qui, selon lui, " recèlent un enseignement initiatique et ésotérique " (p. 125). Car Jésus a été un maître spirituel et mystique exceptionnel dailleurs plusieurs sages indiens laffirment (p. 14 ss.). Et puisquil sagit dun enseignement ésotérique, celui qui en découvrira linterprétation juste " pourra finalement se rendre libre ", cest-à-dire, aura accès au salut (p. 19). " Pour sorienter dans ce dédale [que sont les évangiles], il est utile davoir parfois recours aux travaux des spécialistes " ; mais, selon la., " une intuition plus fine permet néanmoins de retenir certains éléments qui entrent en concordance avec notre réalité intérieure, un peu à la manière dune personne qui, sensible à la dimension spirituelle, serait en mesure, parmi tous les objets exposés dans un magasin dantiquités, de repérer les pièces ayant le plus de valeur " (p. 26). Il serait beaucoup trop long et de toute façon parfaitement inutile de relever toutes les brillantes idioties auxquelles donne lieu cette " méthode " tout le long de louvrage. Du mont des Oliviers qui est en nous (p. 29), à limpossibilité dune annonce par Jésus dun royaume futur en contradiction avec " la mystique universelle " (p. 409 ss.), le tout bien saupoudré de traditions bouddhistes et hindoues, comme ce recours à la " maîtrise des énergies subtiles " par des maîtres tibétains pour éclairer la résurrection du Christ (p. 425). |
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Cet ouvrage est un bon exemple de ce que peut donner une lecture des évangiles dans la perspective dune quête spirituelle qui accorde peu de place à lesprit critique. Dans cette perspective, tout peut servir à dire nimporte quoi. |
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Chrystian Boyer |
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Université du Québec à Montréal |