RELIGIOLOGIQUES, 17 (printemps 1998) NOURRITURE ET SACRÉ (p. 9-17)


Offrandes alimentaires aux morts en Mésopotamie

Aldina da Silva[1]

[Résumé / Abstract]

 

Selon la croyance populaire mésopotamienne, les morts exercent une influence bonne ou mauvaise sur l'existence des vivants. D'une part, on croit qu'ils peuvent faire tomber la pluie et faire croître la fécondation de la terre, accorder aux femmes une nombreuse progéniture ou aider leurs compatriotes vivants à bien faire la guerre. D'autre part, les morts sont souvent susceptibles et disposés à s'attaquer aux vivants. Certes, ils ne s'emparent pas des vivants sans raisons. S'ils agissent ainsi c'est parce qu'ils ont été laissés sans sépulture, ou sont tombés dans la steppe, dans l'eau, dans une rivière, dans une citerne, ou bien sont morts de faim ou de soif, ou ont péri dans un feu, ou, ce qui est plus grave encore, n'ont pas été nourris périodiquement par des offrandes alimentaires. Sans boisson et sans nourriture, le mort ne trouve pas son repos, devient errant et dangereux, «poursuivant», «persécutant» et «obsédant» les vivants, en particulier ceux qui avaient le devoir de veiller à ce que rien ne leur manque[2]. Nous consacrerons la première partie de cet article aux offrandes alimentaires faites aux morts. Étant donné que la quantité de boisson et de nourriture octroyée était fort réduite, nous porterons plutôt notre attention sur le rôle symbolique de ces offrandes. Nous parlerons ensuite des repas funéraires (kispu), en insistant sur l'étroite dépendance qui existait entre les morts et les vivants.

 

Les offrandes alimentaires

Au moment du passage dans l'au-delà, le mort débutait un long voyage vers l'extrémité occidentale du Monde, «le lieu où le soleil se couche[3]», là où se trouvait la Grande Porte de l'Enfer. Les pratiques d'exorcisme entourant les rituels funéraires mésopotamiens nous apprennent que ce grand voyage du mort à travers la steppe exigeait des provisions de route. Ces provisions incluaient, entre autres choses, de l'eau, de la bière, des céréales (du gruau, de l'orge, du pain) et du miel. On les plaçait dans de la vaisselle près du tombeau[4]. Après avoir traversé le fleuve infernal et être parvenu au terme du voyage, le mort ne trouvait pas pour autant le repos. Dans l'Enfer, séjour sans clarté, où tout était couvert de poussière, où l'on manquait d'air, de boisson et de nourriture, il n'avait que les offrandes funéraires pour s'alimenter. Parmi celles-ci l'eau et le pain étaient les plus importantes.

 

L'eau

L'eau fraîche et pure était l'offrande alimentaire par excellence. Elle a été versée aux morts en Mésopotamie à toutes les époques, depuis le IIIe jusqu'au Ier millénaire. Il n'y a là rien d'étonnant. Dans un pays où la pluie est rare et la chaleur intense, mais où la crue de l'Euphrate et du Tigre est un vrai don du ciel, le Mésopotamien attribuait à l'eau une puissance de vie. On se rappelle le mythe de La descente d'Ishtar aux Enfers où la déesse a dû être aspergée de «l'eau de vie», pour pouvoir revenir à la vie et laisser le monde d'En-bas[5]. De même si Adapa n'obtient pas la vie éternelle, c'est qu'il a refusé le pain de vie et l'eau de vie que le grand dieu Anu lui offrait[6]. On pense aussi au thème du «vase jaillissant» représenté avec insistance dans les bas-reliefs, les statues, les figurines et les cylindres. Cette représentation renvoie à l'assurance que la pluie bienfaisante et vivifiante ne manquera pas dans le pays. Et, comme le semblable crée le semblable, on insiste davantage quand on représente des poissons dans le jaillissement des eaux. C'est sans doute pour la même raison que, sur la stèle d'Ur-Nammu, le roi verse une libation dans un vase d'où émergent une branche de palmier et des régimes de dattes. Les libations d'eau faisaient donc partie des offrandes que les Mésopotamiens présentaient aux dieux. Ils accaparaient ainsi les faveurs des divinités sans lesquelles il n'y avait que sécheresse et désolation[7]. Pourtant, les renseignements les plus intéressants pour notre propos sont ceux qui viennent des textes en rapport avec le culte funéraire. Parmi ceux-ci, la littérature mésopotamienne nous a laissé toute une série de rites et d'incantations destinés à préserver les humains des manifestations redoutables des esprits des morts où l'eau joue un rôle considérable. Nous n'en citerons que quelques-uns. Dans une invocation au dieu Shamash, la personne affligée par la présence d'un esprit mauvais s'exclame:

Shamash, je t'ai appelé, écoute-moi:
[...]
le spectre qui m'est infligé et me dévore, qu'il soit détaché de mon corps;
Je veux lui faire manger du pain d'offrande funéraire,
je veux lui faire boire de l'eau d'offrande funéraire,
[...]
Qu'il mange quelque chose de bon, qu'il boive quelque chose de bon; qu'il mange un petit pain, qu'il boive de l'eau fraîche[8]

 

Pour que l'orant soit vraiment libéré, il doit accompagner cette prière de l'offre de petits pains, de dattes et d'une libation d'eau pure. Dans d'autres rites d'invocation à Shamash et à la déesse Ishtar, le malade doit verser devant les dieux un mélange d'eau de diverses provenances (puits, fleuve, canal): «Il doit répandre cette eau, alors cet esprit s'éloignera[9]». Parfois il supplie les «officiers» de l'Enfer[10] de renvoyer le mauvais esprit «dans le pays d'où il n'y a pas de retour», en échange de quoi il s'engage: «je donnerai à boire à vos aïeuls de l'eau fraîche[11]». Quand la situation est critique, le suppliant invoque directement l'esprit des morts de la famille, comme le montre une tablette du règne d'Ammi-saduqa (1646-1626) qui se termine en disant:

 

Vous mânes de ma famille [...] [Mânes] de mon père, de mon grand-père, de ma mère, de ma grand-mère, de mon frère, de ma soeur, de ma famille, de ma parenté, de mes proches, vous tous qui reposez dans la Terre, je vous ai offert une offrande funéraire, je vous ai fait une libation d'eau, je vous ai bien traités, je vous ai magnifiés, je vous ai honorés; venez aujourd'hui en présence de Shamash et de Gilgamesh et rendez un jugement pour moi, prononcez une décision pour moi. «Tout mal[12]» qui est en mon corps, en ma chair et en mes muscles, confiez-le à la main de Namtaru, le ministre de la Terre [...] Moi, votre serviteur, que je vive, que je sois sauf [...] que je verse de l'eau fraîche à votre conduite[13]; faites-moi vivre pour que je chante vos louanges[14].

 

Si, malgré tout, l'esprit du mort persiste à persécuter le vivant, la façon la plus sûre de l'éloigner définitivement c'est celle de le menacer de lui couper tout ravitaillement:

 

Tant que tu n'auras pas quitté le corps de l'homme enfant de son dieu, tu ne mangeras pas de nourriture, tu ne boiras pas d'eau...[15]

 

Nous ignorons tout du rythme auquel la libation se faisait. Le verbe employé par les Babyloniens et les Assyriens pour décrire le geste de la libation est naqû, c'est-à-dire «répandre». Certains textes font référence à l'eau qu'on verse sur la tombe grâce à un conduit appelé arutu[16] qui rejoint le mort. De plus, la présence de drains verticaux, puits ou cuves, dans les tombes royales de la IIIe dynastie d'Ur (IIIe millénaire) laisse supposer que des libations d'eau ont eu lieu sur les tombes à cette époque[17]. Une chose est sûre: en Mésopotamie la libation d'eau pure est tellement importante pour le repos du mort et la tranquillité des vivants que, à défaut d'un parent ou d'un ami, il existait un fonctionnaire affecté à ce service appelé nâq-mê (verseur d'eau). La meilleure récompense qu'un homme pieux pouvait souhaiter était celle d'espérer que «dans le monde des vivants, son nom restera en bénédiction et que dans le monde inférieur, son esprit libéré, boira de l'eau pure[18]». Par contre, le Code d'Hammurabi prévoit la malédiction suivante à qui effacerait le nom du roi inscrit sur «les tables des décrets» et y graverait le sien à sa place:

 

Que le funeste décret de Shamash l'atteigne promptement, qu'en haut il l'arrache d'entre les vivants, qu'en bas, dans la Terre, il prive d'eau ses mânes![19]

 

Une malédiction de la même époque (IIe millénaire) évoque brutalement l'importance de la libation d'eau: «Que le dieu Ninurta ne lui permette d'avoir ni fils héritier ni personne qui fasse la libation d'eau[20]».

Le roi Assurbanipal se flattait d'avoir établi «pour les esprits des rois, ses ancêtres» des dates fixes pour le rite de la libation d'eau qui était tombé en désuétude. En revanche, pour anéantir complètement les rois ennemis tombés sur le champ de bataille, il emporte leurs ossements vers l'Assyrie et les prive de repas funéraires et de libations d'eau[21].

Dans les offrandes funéraires, l'eau a, certes, la fonction de désaltérer les morts. On l'a vu: l'Enfer étant un lieu sinistre, poussiéreux, «un terrain de soif[22]», l'eau signifie avant tout le rafraîchissement qui rend l'existence des morts moins pénible. Encore faut-il qu'elle soit fraîche et pure[23]. Pourtant, l'eau a ici une portée beaucoup plus large: elle est source de vie et de régénération. Sans eau, les morts ne peuvent tout simplement pas trouver le repos, la paix, l'existence normale qui leur appartient comme habitants du monde souterrain. Pour éviter l'anéantissement, la non-existence, ils remontent alors sur terre et cherchent à calmer leur soif et leur faim avec le misérable rebut des plats qu'ils peuvent trouver dans les rues[24].

 

Le pain


Si l'eau est la boisson par excellence, le pain constitue la nourriture essentielle. Nourriture primordiale et aliment de base dans les civilisations du blé, le pain était ainsi considéré comme un des plus précieux dons des dieux. En Mésopotamie, l'expression courante pour désigner le repas était «pain et eau[25]». On connaissait des galettes de pâte non levée au millet, à l'orge, au blé, mais le pain levé était aussi fabriqué. Le catalogue des «pains» en mentionne près de 300 variétés: pain à l'huile, au lait, au beurre, aux raisins, aux dattes, aux figues... ce qui confirme l'importance de cet aliment. Selon les mythes mésopotamiens, le pain de toutes sortes et l'eau pure ne manquaient jamais à la table des dieux. Le pain auquel on ajoutait des épices variées constituait aussi le menu préféré servi dans les repas cultuels. Les textes qui rapportent les offrandes funéraires parlent plutôt de céréales, de pain et de gruau. Nous en avons déjà cité quelques-uns ci-haut. Un texte classique sur ce sujet est celui qui concerne le roi de Lagash, Urukagina:

 

Un cadavre dans la tombe était-il placé, 7 urnes de shikaru (boisson), 420 pains pour sa (nourriture), 120 qa de grains...[26]

 

L'archéologie confirme les dires de ce texte puisqu'elle nous a livré tout un ensemble de récipients de grande et de petite taille faits d'argile, de pierre ou de métal, qui étaient déposés dans la tombe aux côtés de la dépouille mortelle. Aucun doute que cette vaisselle était destinée à contenir la nourriture nécessaire au défunt dans le monde des morts[27]. Mais ceci ne suffisait pas. Il fallait renouveler périodiquement les aliments qu'on plaçait alors dans des récipients à côté du tombeau. Certes, les céréales, le gruau ou le pain simplement préparé étaient les offrandes principales, puisque le blé, dont le grain meurt pour renaître, symbolise l'immortalité. Pourtant, quelques rituels mentionnent l'ajout du beurre et du miel, sans doute pour «adoucir» les dispositions des morts[28]! La bière, produit des céréales, est aussi citée. Boisson courante en Mésopotamie, elle était vue, avec le pain, comme un des éléments indispensables de la «vie civilisée[29]». Son offrande aux morts fait appel une fois de plus au germe de vie qu'il fallait maintenir dans le monde d'En-bas.

 

Les repas funéraires

À côté de ces offrandes alimentaires, le pater familias organisait, de temps en temps, un repas auquel les mânes familiaux étaient invités. On appelait ce repas commémoratif kispu, du verbe kasapu «morceler, partager». Ce terme akkadien renvoie ainsi au partage d'une même nourriture[30]. Or, dans la mentalité mésopotamienne, l'acte de manger et de boire ensemble signifie beaucoup plus qu'un simple réconfort ou plaisir. Les repas tissent entre les commensaux des liens de communion et d'alliance qui ne peuvent pas être rompus. De plus, ils tiennent à marquer la solidarité familiale ou celle du groupe[31]. Le banquet que la famille célébrait avec les morts est, sans doute, celui qui affirme le mieux cette solidarité. Les textes laissent entendre que ce repas avait lieu le soir dans une partie de la maison familiale, «l'aile des mânes» ou «chambre de kispu[32]», chaque fin de mois, lorsque la disparition de la Lune évoquait la Mort et tous ceux qu'elle avait emportés[33]. Mais ce repas était aussi célébré dans d'autres circonstances, surtout quand le mort se faisait menaçant pour les vivants.

Le kispu était un banquet solennel et protocolaire. La cérémonie débutait probablement par une invocation à Shamash, dieu qui joue un rôle important dans la libération des vivants de l'emprise des morts. On consommait, après des pains de toutes sortes, des bouillies diverses, du lait, du beurre, du vin, des fruits, mais aussi de la viande de mouton ou de boeuf[34]. Les morts y étaient parfois représentés par leurs figurines-substituts; on les habillait, on leur préparait des sièges, on les parfumait[35] et on les invoquait afin que, rassasiés, ils délivrent les vivants des mauvais esprits. C'est ce que nous laisse entendre la prière suivante:

Ô vous, mânes de ma famille... tous autant que vous êtes à reposer en terre! Je vous ai préparé un repas-funéraire et je vous ai versé à boire! Je vous ai traités avec soin, avec honneur, avec respect! Aujourd'hui, donc, Shamash et Gilgamesh, assistez-moi! Jugez ma cause, prononcez ma sentence! Le Mal (mauvais esprit) qui se trouve en mon corps, ma chair et mes muscles..., emparez-vous de lui et le faites redescendre au Pays-sans-retour! Guérissez-moi, pour que je célèbre vos louanges![36]

 

Parfois, le kispu prenait des proportions exceptionnelles, comme nous le montre la tablette du règne d'Ammî-saduqa citée ci-dessus qui dresse une longue liste généalogique des ancêtres du roi. Certes, ce repas avait pour but de soulager la faim et la soif de tous ces morts, des rois, de leurs troupes et de leurs sujets. Mais en les réunissant autour d'une même table, en consommant avec eux les mêmes vivres, on établissait une immense solidarité familiale et communautaire que la Mort ne pouvait pas briser.

C'était sans doute au cours de cette cérémonie qu'on prononçait le nom du disparu. «Prononcer» le nom du mort, le dire à haute voix, c'était une autre manière de sauvegarder son existence. Quand on connaît tout le poids que cette société accordait au «nom», on comprend comment le fait de le répéter équivalait à lui conférer une réalité. C'est ce que nous dit le texte suivant:

J'ai prononcé ton nom au cours du kispu;
j'ai fait entendre ton nom devant Shamash;
j'ai prononcé ton nom en même temps que [celui des autres] `esprits' devant Shamash[37]

 

Parfois, le nom du mort était gravé sur sa tombe s'il était une personne importante, ou sur un objet qui lui avait appartenu en vie et qui était déposé à côté de sa dépouille. C'était là une manière efficace de prolonger son existence. Voilà pourquoi les textes font état de plusieurs malédictions lancées sur les violeurs d'inscriptions qui effaçaient le nom de celui à qui elle appartenait. Ils auraient à leur tour leur nom arraché et, pire encore, leur descendance serait déracinée de façon à ce que leur nom tombe dans l'oubli, puisqu'ils n'auraient personne pour le proclamer après leur mort[38].

*

Pour les Mésopotamiens la mort n'était pas une extinction, mais une modification du niveau de l'existence. Celle-ci était semblable à la précédente, mais beaucoup plus dévaluée. Pourtant, pour que le repos du mort ne soit pas troublé, il fallait bien lui donner à manger les aliments essentiels: l'eau et le pain. Pour qu'il continue «à vivre», on devait prononcer son nom chaque fois qu'on partageait avec lui cette même nourriture. De leur côté, les vivants avaient tout avantage à ne pas oublier les soins qu'ils devaient fournir au mort. Celui-ci pouvait venir les réclamer d'une façon très peu souhaitable. On créait ainsi une grande solidarité entre les morts et les vivants, et tous sortaient gagnants. L'existence des uns et des autres était de la sorte préservée.



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[1] Aldina da Silva est professeure à la Faculté de théologie de l'Université de Montréal.

[2] Le fils, généralement l'héritier, assurait le culte des défunts de la famille. Telle était aussi l'obligation de l'enfant adopté. Un contrat babylonien du milieu du IIe millénaire prévoit que la fille adoptée devra verser une libation d'eau aux parents adoptifs lors de leur décès (M. Bayliss, «The Cult of Dead King in Assyria and Babylonia», Irak, 40, 1973, p. 120). C'est pourquoi il était important de laisser une descendance nombreuse, voire même adopter un enfant, afin de s'assurer de l'exécution de cette pratique nécessaire à la survie même du défunt.

[3] Voir E. Sollberger et J.-R. Kupper, Inscriptions royales sumériennes et akkadiennes, Paris: Cerf, 1971, p. 121-122.

[4] J. Bottéro, «Les morts et l'au-delà dans les rituels en akkadien contre l'action des "revenants"», Zeitschrift für Assyriologie, 73, 1983, p. 191, note 124. Voir A. Tsukimoto, «Aspekte von Kispum als Totenbeigabe», dans Death in Mesopotamia, XXVIe Rencontre assyriologique internationale, Kopenhagen, 1980, p. 129-239.

[5] J. Bottéro et S. N. Kramer, Lorsque les dieux faisaient l'homme, Paris: Gallimard, 1989, p. 286.

[6] R. Labat, Les religions du Proche-Orient asiatique, Paris: Fayard, 1970, p. 293.

[7] Sur les rites de la libation, voir P. Amiet, La glyptique mésopotamienne archaïque, Paris: Éditions du Centre National de la recherche scientifique, 1980, p. 118, 166-167 et J. Danmanville, «La libation en Mésopotamie», Revue d'assyriologie et d'archéologie orientale, 49, 1955, p. 59-68.

[8] M.-J. Seux, Hymnes et prières aux dieux de Babylonie et d'Assyrie, Paris: Cerf, 1976, p. 421-422.

[9] A. Parrot, «Le "Refrigerium" dans l'au-delà», Revue de l'histoire des religions, 113, 1936, p. 161-162.

[10] Sur ces «officiers» de l'Enfer, voir J. Bottéro, «Antiquités Assyro-babyloniennes», dans Annuaire 1972/1973, École pratique des Hautes Études IVe section, Paris: Sorbonne, 1973, p. 95-96.

[11] A. Parrot, «Le "Refrigerium" dans l'au-delà», p. 160.

[12] Un spectre inconnu. Voir W. von Soden, «Lemmu», Akkadisches Handwörterbuch (AHw), Wiesbaden: O. Harrassowitz, 1965, vol.1, p. 543, B 2.

[13] Le conduit par lequel on verse dans la terre de l'eau aux morts. Voir «Arutu», dans The Assyrian Dictionary of Oriental Institute of University of Chicage (CAD), Chicago: University of Chicago Press, 1965, A, II, p. 324b.

[14] M.-J. Seux, Hymnes et prières aux dieux de Babylonie et d'Assyrie, p. 431-432.

[15] E. Dhorme, «Le séjour des morts chez les Babyloniens et les Hébreux», Revue Biblique, 4, 1907, p. 75.

[16] Voir ci-haut note 12.

[17] A. Parrot, «Le "Refrigerium" dans l'au-delà», p. 27. Voir J.-M. Aynard, «Sépulture», Dictionnaire archéologique et technique, Tome II, Paris: Éditions de l'Accueil, 1964, p. 933.

[18] J. Bottéro, «Les inscriptions cunéiformes funéraires», dans J.-P. Vernant (dir.),La mort, les morts dans les sociétés anciennes, Paris: Maison des sciences de l'homme, 1982, p. 388-389.

[19] A. Finet, Le Code d'Hammurabi, Paris: Cerf, 1973, p. 142.

[20] «Naqû», dans CAD, p. 337.

[21] E. Cassin, «Le mort: valeur et représentation», dans La mort, les morts dans les sociétés anciennes, p. 362.

[22] J. Bottéro, «Les inscriptions cunéiformes funéraires», p. 395.

[23] Par opposition à l'«eau trouble», l'unique qui existait en Enfer (J. Bottéro et S. N. Kramer, Lorsque les dieux faisaient l'homme, p. 320). Un poème de la IIIe dynastie d'Ur dit que «amère est la nourriture du monde souterrain, saumâtre est l'eau du monde souterrain» (S. N. Kramer, «The Death of Ur-Nammu and his Descent to the Nether World», Journal of Cuneiform Studies, 21, 1967, p. 104-122. Ici, ligne 82, section A de la tablette).

[24] Comme le réfère, par exemple, Enkidu à Gilgamesh: «celui dont "l'esprit" est abandonné de tous, [...] mange les ragotons, les miettes et les ordures», «Épopée de Gilgamesh», XIII, 151 (R. Labat, Les religions du Proche-Orient asiatique, p. 226).

[25] On disait aussi «pain et bière» (J. Bottéro, «Le plus vieux festin du monde», dans Initiation à l'Orient ancien, Paris: Éditions du Seuil, 1992, p. 106).

[26] A. Parrot, «Le "Refrigerium" dans l'au-delà», p. 166.

[27] À ce sujet, voir L. Rachelot, «Iconographie et pratiques funéraires en Mésopotamie au troisième millénaire av. J.-C.», dans La circulation des biens, des personnes et des idées dans le Proche-Orient ancien, Paris: Éditions Recherche sur les civilisations, 1992, p. 53-59 et J.-D. Forest, Les pratiques funéraires en Mésopotamie du cinquième millénaire au début du troisième, Paris: Éditions Recherche sur les civilisations, 1983.

[28] Le beurre, le miel et le vin, celui-ci rare en Mésopotamie, constituaient des «gâteries» qu'on offrait aux dieux dans des occasions spéciales, comme par exemple au moment du placement des fondations d'un temple. Évidemment, ces dons avaient pour but d'attirer l'attention des dieux d'une façon particulière. À ce sujet voir E. Dhorme, Les religions de Babylonie et d'Assyrie, Paris: Presses Universitaires de France, 1949, p. 223 et E. Sollberger et J.-Robert Kupper, Inscriptions royales sumériennes et akkadiennes, p. 150.

[29] Dans l'Épopée de Gilgamesh, Enkidu, le sauvage des steppes devient un «homme civilisé» après avoir mangé du pain et bu de la bière (R. Labat, Les religions du Proche-Orient asiatique, p. 159).

[30] J. Bottéro, «La mythologie de la mort en Mésopotamie ancienne», dans Death in Mesopotamia, p. 38.

[31] À ce sujet voir A. da Silva, «La symbolique du repas au Proche-Orient ancien», Sciences religieuses, 24, 1995, p. 147-157.

[32] Peut-être une sorte de chapelle. Un texte du roi Shamshi-Adad I (1813-1781) appelle cette salle une «maison de silence» (J. Bottéro, «Les inscriptions cunéiformes funéraires», note 18).

[33] J. Bottéro, «La mythologie de la mort en Mésopotamie ancienne», p. 38.

[34] «Kispu», dans CAD, p. 425-427.

[35] J. Bottéro, «Les morts et l'au-delà dans les rituels en akkadien contre l'action des "revenants"», p. 185. Voir aussi les Archives Royales de Mari (ARM), VII, p. 183, 14.

[36] J. Bottéro, «Les morts et l'au-delà dans les rituels en akkadien contre l'action des "revenants"», p. 173.

[37] Ibid., p. 171, note 18.

[38] À ce sujet voir A. Parrot, Malédictions et violations de tombes, Paris: Librairie Orientaliste Paul Geuthner, 1939, p. 9-24 et E. Sollberger et J.-R. Kupper, Inscriptions royales sumériennes et akkadiennes, p. 99, 101, 102, 103, 105, etc.